Conclusions de la Présidence 2007

Conclusions de la Présidence
Heiligendamm, 8 juin 2007
(traduit fourni par le gouvernement français ; voir aussi les traductions du gouvernement canadien)

I. Croissance et responsabilité dans l'économie mondiale

Nous nous sommes réunis à Heiligendamm pour traiter les problématiques essentielles de l'économie mondiale, du changement climatique et de l'Afrique. Dans le cadre du thème essentiel, " Croissance et responsabilité ", retenu par la Présidence allemande du G8, nous avons abordé les aspects économiques, sociaux et environnementaux de la mondialisation politique. Nous nous sommes intéressés en particulier au rôle des grandes économies émergentes dans le monde d'aujourd'hui. Nous avons reconnu l'intérêt d'une coopération plus étroite.

Processus d'Heiligendamm : Nous avons discuté des problèmes mondiaux avec les chefs d'État de l'Afrique du Sud, du Brésil, de la Chine, de l'Inde et du Mexique. Nous avons reconnu nos responsabilités respectives et la nécessité de trouver des solutions communes. C'est pourquoi nous sommes convenus de lancer un nouveau dialogue thématique sur les grandes questions économiques mondiales, l'objectif étant de parvenir à des résultats concrets d'ici le Sommet du G8 en Italie en 2009. Ce dialogue portera notamment sur des questions liées à la liberté d'investissement et aux conditions d'investissement, y compris la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, l'encouragement et la protection de l'innovation, l'efficacité énergétique et la coopération technologique, et la politique de développement. La feuille de route de ce processus figure dans une déclaration commune de la Présidence du G8 et de l'Afrique du Sud, du Brésil, de la Chine, de l'Inde et du Mexique.

Programme du G8 pour la croissance et la stabilité : Nous avons noté que l'économie mondiale se porte bien et que la croissance est mieux répartie entre les régions. Dans ce contexte, nous nous sommes engagés en faveur d'un Programme du G8 pour la croissance et la stabilité afin de poursuivre nos stratégies qui visent à favoriser un ajustement en douceur des déséquilibres mondiaux dans le cadre d'une croissance économique mondiale solide et soutenue. Ces stratégies impliquent notamment des politiques macroéconomiques saines dans nos pays et des réformes structurelles. Elles impliquent également d'adresser un signal clair aux économies émergentes quant à leur nécessaire contribution.

Stabilité systémique et transparence des marches financiers/fonds spéculatifs : Nous avons également discuté de la situation sur les marchés financiers et, notamment, des questions liées aux fonds spéculatifs. Tout en notant la contribution positive des fonds spéculatifs à la stabilité des marchés financiers, nous voulons également réduire au maximum les risques systémiques en renforçant la transparence et la discipline de marché de toutes les parties concernées. Nous nous félicitons du travail accompli par le Forum de stabilité financière, nous soutenons ses recommandations et nous attendons avec intérêt son rapport aux ministres des finances à partir d'octobre de cette année.

Liberté d'investissement, climat d'investissement et responsabilité sociale : Nous avons conclu nos discussions sur l'investissement par un fort engagement en faveur de la liberté, de l'ouverture et de la transparence des investissements. Le G8 bénéficie fortement des investissements transfrontaliers, tout comme les économies émergentes. Nous sommes convenus de travailler ensemble dans le cadre du Processus d'Heiligendamm afin d'encourager des conditions d'investissement ouvertes et plus favorables dans chacun de nos pays. Nous intensifierons nos efforts pour faire en sorte que les investissements soient plus bénéfiques et plus durables. Dans ce contexte, nous avons également discuté des questions de responsabilité sociale. Les marchés ouverts doivent aller de pair avec la solidarité sociale. C'est pourquoi nous sommes convenus de promouvoir activement les normes sociales et la responsabilité sociale et environnementale, et de renforcer les systèmes de sécurité sociale dans les économies émergentes et dans les pays en développement.

Promouvoir et protéger l'innovation : L'innovation est l'un des moteurs essentiels de la croissance économique dans nos pays. C'est pourquoi nous sommes convenus de prendre des mesures pour encourager l'innovation, ainsi que la recherche et développement. Parallèlement, l'innovation doit être protégée dans le monde entier. Les droits de propriété intellectuelle sont une condition essentielle de l'innovation. La protection des droits de propriété intellectuelle revêt un intérêt fondamental pour les consommateurs de tous les pays, en particulier ceux des pays en développement. C'est pourquoi nous sommes convenus, avec les chefs d'État des économies émergentes, de traiter ces questions dans le cadre du Processus d'Heiligendamm. Le G8 a décidé d'intensifier sa coopération dans le domaine de la protection de la propriété intellectuelle, notamment en ce qui concerne nos administrations douanières et nos services de police nationaux. Nous demanderons chacun à notre secteur privé de participer à l'élaboration de solutions efficaces concernant l'offre et la demande en matière de piratage et de contrefaçon.

Changement climatique, efficacité énergétique et sécurité énergétique : La lutte contre le changement climatique est l'un des grands défis auxquels est confrontée l'humanité car le changement climatique risque de porter gravement atteinte à notre environnement naturel et à l'économie mondiale. Nous avons noté avec préoccupation les conclusions du récent rapport du GIEC. Nous avons la conviction qu'une action urgente et concertée est nécessaire et nous acceptons la responsabilité qui nous incombe de montrer l'exemple dans la lutte contre le changement climatique. Lorsque nous définirons un objectif mondial de réduction des émissions dans le cadre du processus dont nous sommes convenus à Heiligendamm en impliquant tous les grands pays émetteurs, nous examinerons attentivement les décisions prises par l'Union européenne, le Canada et le Japon qui prévoient de réduire au moins de moitié les émissions mondiales d'ici à 2050.

Nous avons reconnu que le processus sur le climat engagé dans le cadre des Nations Unies constitue l'instance de dialogue appropriée pour les négociations relatives à la future action internationale en matière de changement climatique. Nous nous sommes engagés à faire des progrès dans le cadre de cette enceinte et nous invitons toutes les parties à participer de manière active et constructive à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui s'ouvrira en Indonésie en décembre 2007, avec pour objectif de parvenir à un accord global pour l'après-2012 (accord pour l'après-Kyoto) qui devrait inclure tous les grands pays émetteurs. Pour relever de toute urgence le défi du changement climatique, il est essentiel que les grands pays émetteurs se mettent d'accord d'ici la fin de 2008 sur une proposition détaillée en vue d'un nouveau cadre international qui contribuerait à un accord international en vertu de la CCNUCC d'ici à 2009.

Nous réaffirmons la nécessité pour les grands pays émetteurs de s'engager sur la meilleure manière de relever le défi du changement climatique. Nous insistons sur le fait que la future démarche devrait reposer sur les principes de responsabilités et de capacités communes mais différenciées, édictés par la CCNUCC.

La technologie, l'efficacité énergétique et les mécanismes de marché, notamment les systèmes d'échange de permis ou les incitations fiscales, sont essentielles pour lutter contre le changement climatique et pour améliorer la sécurité énergétique. Nous avons réaffirmé les principes de la sécurité énergétique que nous avions arrêtés à Saint-Pétersbourg. Dans nos discussions avec les économies émergentes, nous avons reconnu que l'efficacité énergétique et la coopération technologique seront des composantes essentielles de notre dialogue de suivi.

Gestion responsable des matières premières - transparence et croissance durable : Nous avons discuté de la situation sur les marchés mondiaux des denrées de base et des récentes augmentations des prix, et nous avons réaffirmé notre attachement à des marchés libres, transparents et ouverts. Nous soutiendrons le renforcement de la transparence et nous instaurerons la bonne gouvernance dans les pays en développement en appliquant des normes sociales et environnementales. C'est pourquoi nous exprimons notre soutien durable à l'EITI et nous lancerons un projet pilote de certification. Nous reconnaissons que l'élaboration d'un ensemble de principes et de lignes directrices aux trois secteurs miniers internationaux dans les pays en développement permettrait à ce secteur de contribuer au développement.

Lutte contre la corruption : Nous nous sommes engagés à mettre pleinement en oeuvre nos obligations en vertu des accords internationaux existants qui ont été adoptés pour lutter contre la corruption, notamment les accords des Nations Unies et de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et nous intensifierons nos efforts communs visant à lutter efficacement contre la corruption à l'échelle mondiale.

Commerce : Nous avons souligné la nécessité de parvenir à un accord ambitieux, équilibré et global sur le Programme de Développement de Doha (PDD), qui intensifiera les échanges commerciaux mondiaux et entre les pays développés et en développement, et renforcera les règles commerciales multilatérales. Nous avons pris acte du Communiqué ministériel des Ministres du Commerce du G6 en date du 12 avril 2007 soulignant leur conviction que, en intensifiant leur travail, une convergence de vues peut être atteinte et contribuer ainsi à conclure le Cycle d'ici à la fin de 2007. Dans cet esprit, nous nous sommes engagés à travailler avec un haut degré d'ambition dans tous les domaines du PDD et nous exhortons tous les membres de l'OMC à se montrer souples et constructifs afin de faire aboutir ces négociations dans les meilleurs délais. Le temps est venu de traduire l'engagement constant au niveau politique par des résultats tangibles.

En conséquence, nous demandons instamment aux Ministres chargés du Commerce, en particulier des grands pays industrialisés et des principales économies émergentes, de proposer dans les prochaines semaines un programme solide pour une négociation multilatérale débouchant sur un accord sur les modalités.

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II. Croissance et responsabilité en Afrique

Le 8 juin 2007, nous nous sommes réunis avec les chefs d'État et de gouvernement de l'Afrique du Sud, de l'Algérie, du Nigeria et du Sénégal, ainsi qu'avec les présidents de l'Union africaine (Président du Ghana), le Président de la Commission de l'Union africaine, le Président du Comité exécutif du NEPAD, le Premier Ministre de l'Éthiopie, et le Secrétaire général des Nations Unies, pour discuter des éléments-clés du document intitulé : " Croissance et responsabilité en Afrique ". Avec nos partenaires africains, nous avons arrêté les objectifs et les principes essentiels de notre partenariat afin d'atteindre notre objectif commun de développement de l'Afrique.

Nos discussions se sont concentrées sur la manière dont le G8 pouvait contribuer efficacement à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement en Afrique. Dans le cadre du Partenariat du G8 avec l'Afrique, nous avons abordé plus en détail les questions suivantes : Paix et sécurité, Investissement soutenable, Bonne gouvernance, et Amélioration des systèmes des santé et lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Ensemble, nous avons réaffirmé que nous ne pourrons relever ces défis que dans un esprit de partenariat, de responsabilité et de confiance mutuelles, par un dialogue international et une coopération accrus, notamment avec les économies émergentes. Nous nous sommes mis d'accord sur un ensemble fondamental de principes du développement. Nous avons souligné l'importance de la croissance du secteur privé, notamment l'approfondissement des marchés financiers, l'amélioration de la gouvernance et la facilitation du commerce. Nous avons réaffirmé ensemble les engagements que nous avions pris à Gleneagles, notamment en ce qui concerne le financement du développement. L'allégement de la dette, des initiatives portant sur des financements innovants et l'intervention du secteur privé nous permettront d'honorer ces engagements.

Paix et sécurité : Nous avons discuté avec nos partenaires africains des questions liées à la consolidation de la paix à long terme et à la prévention des conflits violents. Nous nous sommes félicités des progrès accomplis jusqu'à présent et des efforts déployés par l'Union africaine et les organisations africaines sous-régionales pour mettre en oeuvre une architecture africaine de paix et de sécurité et mettre en place la Force africaine en attente afin de régler les conflits intra-africains et d'assurer la stabilité. Nous sommes tombés d'accord sur le fait que le renforcement de la composante civile de la Force africaine en attente, y compris par des capacités en matière de police, constituerait une étape importante à cet égard. Nous sommes convenus que le G8 devait continuer de soutenir ces efforts. Nous avons affirmé que les solutions militaires seules ne saurait garantir la paix à long terme. Au contraire, il convient de chercher à établir les conditions politiques, économiques et sociales nécessaires pour promouvoir la sécurité humaine et la stabilité. Nous sommes également convenus d'aider l'Union africaine et les organisations sous-régionales à lutter contre la prolifération non autorisée et l'usage illicite des armes légères et de petit calibre et de mettre un terme à l'exploitation illégale des ressources naturelles. Nous poursuivrons et intensifierons notre dialogue avec l'Union africaine et, avec d'autres partenaires du développement, nous favoriserons la coordination et la cohérence de nos initiatives.

Croissance économique et investissement : Nous nous sommes félicités des taux de croissance économique significatifs et stables constatés ces dernières années dans de nombreux pays africains et qui sont le résultat de réformes courageuses et d'une gouvernance améliorée. Nous entendons intensifier cette évolution positive et contribuer à la croissance durable en encourageant et mobilisant l'esprit d'entreprise et l'investissement au niveau national et international. Pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement et obtenir un investissement privé de plus en plus soutenable, nous avons besoin de l'APD qui est un catalyseur important à cet effet. Pour aider les partenaires africains à faciliter l'investissement, nous nous sommes félicités d'une série de mesures et notamment de la création d'un Partenariat pour l'efficacité du secteur financier en Afrique. Nous avons également décidé d'encourager la poursuite de l'intégration des marchés et le renforcement des infrastructures, notamment par un soutien plus cohérent et mieux coordonné au renforcement des capacités des communautés économiques régionales. Nous avons réaffirmé notre volonté d'accélérer la généralisation de l'enseignement élémentaire qui constitue un instrument-clé du développement durable en Afrique.

Bonne gouvernance et partenariat pour la réforme avec l'Afrique : Nous avons rendu hommage aux institutions régionales et panafricaines, en particulier à l'Union africaine, et nous avons souligné notre ferme intention de continuer à soutenir les institutions africaines au niveau panafricain et régional. Nous nous sommes félicités des progrès accomplis dans le cadre du Mécanisme africain d'examen par les pairs dont l'objectif est de favoriser la réforme de la gouvernance en Afrique sur une base volontaire. Nous avons apporté notre soutien au NEPAD et au processus du MAEP depuis le départ tout en reconnaissant et en soutenant la nécessité d'une appropriation complète de ce processus par les pays participants. Nous avons décidé d'apporter un soutien complémentaire aux pays durant ces examens par les pairs et pour la mise en oeuvre des réformes figurant dans les recommandations des MAEP. Avec nos partenaires africains, nous nous sommes également félicités de l'Initiative pour la transparence dans les industries d'extraction (EITI) et nous sommes convenus de mettre en oeuvre un Plan d'action du G8 pour la bonne gestion des finances publiques en Afrique.

Perfectionnement des systèmes de santé et lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme : Nous avons reconnu que l'accès à des services de santé de qualité demeure un problème critique pour de nombreux pays africains. C'est pourquoi nous sommes convenus d'aider nos pays partenaires à développer et renforcer les systèmes de santé afin de les aider à développer et renforcer l'accessibilité des systèmes de santé à tous, y compris les groupes de personnes pauvres et vulnérables telles que les femmes et les enfants. À cette fin, nous nous appuierons sur un financement durable et équitable des systèmes de santé en reliant les stratégies nationales de financement à un soutien international coordonné. Avec nos partenaires africains, nous sommes également convenus de nous attaquer aux différentes causes du déficit de capacités en ressources humaines dans le secteur de la santé.

Nous avons réaffirmé notre engagement de continuer à intensifier nos efforts pour atteindre l'objectif de l'accès universel, les Objectifs du Millénaire pour le développement en matière de lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose, ainsi que de renforcer les systèmes de santé en fournissant au moins 60 milliards de dollars durant les prochaines années. Nous avons pris note de l'augmentation substantielle de la demande prévue par le Conseil d'administration du Fonds mondial de lutte conte le sida, la tuberculose et le paludisme et nous sommes convenus que le Fonds mondial continuerait à bénéficier de notre soutien.

Nous apporterons des financements supplémentaires prévisibles à long terme pour le cycle de reconstitution en cours. Nous avons pris note de la féminisation accrue de la pandémie du VIH/sida et nous sommes convenus de concentrer des actions spécifiques sur les besoins des femmes et des jeunes filles. Nous travaillerons concrètement avec tous les acteurs concernés, notamment l'ONUSIDA, l'OMS, la Banque mondiale et le Fonds mondial, l'Union africaine et les États africains, les laboratoires innovants du secteur pharmaceutique et les fabricants de médicaments génériques, les bailleurs de fonds privés et la société civile pour parvenir à franchir les étapes suivantes vers un accès universel.

À Saint-Pétersbourg, nous étions convenus de dresser le bilan périodique de notre action de lutte contre les trois pandémies que sont le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Nous entreprenons cet exercice de suivi pour la première fois et nous publierons un rapport d'information sur nos activités en septembre, lors de la conférence de reconstitution du Fonds mondial.

Notre rapport d'étape commun sur l'Afrique atteste que nous sommes mutuellement responsables de nos relations avec l'Afrique et a mis en évidence les progrès déjà accomplis, tout en indiquant les domaines dans lesquels nous devons progresser immédiatement.

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III. Questions de politique étrangère et de sécurité

Lutte contre le terrorisme : Nous avons adopté une déclaration sur la lutte contre le terrorisme. Nous avons condamné dans les termes les plus forts tous les actes de terrorisme, quels qu'en soient les motifs, et nous avons réaffirmé que rien ne saurait les justifier. Nous nous sommes engagés à travailler en étroite coopération pour réagir efficacement aux menaces nouvelles et persistantes que posent ces activités terroristes. Nous avons défini des domaines spécifiques dans lesquels nous poursuivrons notre action de lutte contre le terrorisme, notamment l'usage abusif des technologies modernes de la communication et de l'information à des fins terroristes et criminelles, la protection des infrastructures énergétiques vitales, l'amélioration de la sûreté des transports, la lutte contre le recrutement terroriste et la prévention du terrorisme nucléaire. Nous avons réaffirmé notre soutien au rôle central des Nations Unies dans la lutte contre le terrorisme international ; dans ce contexte, nous fournissons un rapport sur le Soutien du G8 à la lutte antiterroriste des Nations Unies.

Non-prolifération : Nous avons adopté une déclaration sur cette question. Il est essentiel pour assurer la paix et la sécurité internationales, de prévenir la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs. Nous demeurons résolument attachés à notre engagement commun de lutter contre la prolifération dans le monde. À cet égard, nous réaffirmons notre attachement au système de traités multilatéraux qui fournit la base normative à toutes les mesures en faveur de la non-prolifération. Pour réussir, nous devons travailler avec d'autres partenaires et par le canal des institutions internationales compétentes, en particulier celles du système des Nations Unies, et réaffirmer le rôle essentiel du Conseil de sécurité des Nations Unies pour relever le défi de la prolifération. Nous soulignons également qu'il est important de développer et de mettre en oeuvre des mécanismes d'approche multilatérale du cycle du combustible nucléaire. À cet égard, nous nous félicitons des initiatives envisagées dans la déclaration. Nous avons pris l'engagement de régler les problèmes de prolifération régionale par la voie diplomatique.

Partenariat mondial : Arrivés à mi-parcours du Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes, nous avons dressé le bilan des progrès déjà accomplis et évalué l'état des projets de coopération qui ont été engagés. Nous considérons le Partenariat mondial, lancé à Kananaskis il y a cinq ans, comme une initiative commune unique en son genre et qui porte ses fruits.

Nous prenons acte des progrès accomplis depuis le lancement du Partenariat en 2002. Nous ferons davantage pour accroître l'efficacité de notre coopération. À l'occasion de notre examen à mi-parcours, nous réaffirmons les engagements que nous avions pris à Kananaskis et nous discuterons durant les années à venir du champ géographique du Partenariat mondial et de l'opportunité de le proroger au-delà de 2012.

Sûreté et sécurité nucléaires : Le Groupe sur la sûreté et la sécurité nucléaires a fourni de grandes orientations s'appuyant sur des informations techniques sur certaines questions liées à la sûreté et à la sécurité nucléaires, discuté des programmes d'amélioration de la sûreté nucléaire pour l'exploitation des centrales nucléaires (par exemple en Arménie et en Ukraine) et renforcé les activités internationales sur la sûreté et la sécurité des sources radioactives. Nos engagements en ce qui concerne Tchernobyl ont été réaffirmés.

Kosovo : Nous avons examiné la question du futur statut du Kosovo et de la proposition et la proposition globale de l'envoyé spécial des Nations Unies Martti Ahtisaari présentée au Conseil de Sécurité par le Secrétaire général des Nations Unies le 26 mars 2007. Bien que des points de vue divergents sur le fond et la marche à suivre subsistent, nous demeurons saisis de cette question.

Soudan / Darfour : Nous avons adopté une déclaration sur la situation au Soudan /Darfour qui reflète notre vive préoccupation face à la situation au Soudan, qui continue d'être marquée par la guerre et les conflits. Nous sommes particulièrement préoccupés par la dramatique situation sécuritaire et humanitaire au Darfour. Nous demandons à toutes les parties de se conformer aux accords de cessez-le-feu et à leurs obligations en vertu de la résolution 1591 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, ainsi que du droit humanitaire. Nous demandons également au Gouvernement soudanais et aux mouvements rebelles de garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave. Nous soulignons qu'il n'y a pas de solution militaire au conflit au Darfour et nous soutenons pleinement les efforts déployés par les envoyés spéciaux de l'ONU et de l'UA pour relancer les négociations afin de parvenir à un accord politique. Nous appelons le Gouvernement soudanais et les mouvements rebelles à prendre pleinement part à ce processus. Il est nécessaire d'améliorer la situation sécuritaire pour créer un environnement propice aux négociations et faciliter l'accès humanitaire. C'est pourquoi nous nous félicitons du fait que le Gouvernement soudanais ait accepté le module d'appui lourd des Nations Unies pour la MUAS et nous demandons instamment à Khartoum de déclarer qu'il accepte totalement la force hybride UA/ONU. Enfin, nous sommes convenus que, si le Gouvernement soudanais et les mouvements rebelles continuent de ne pas remplir leurs obligations, nous soutiendrons toute action appropriée au sein du Conseil de Sécurité.

Iran : Nous réaffirmons nos vives préoccupations à l'égard des implications du programme nucléaire de l'Iran en termes de prolifération. Nous demandons instamment à l'Iran de se conformer à ses obligations internationales et aux résolutions 1697, 1737 et 1747 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, et notamment à son obligation de suspendre toutes ses activités d'enrichissement. Nous déplorons vivement le fait que, selon le dernier rapport du Directeur général de l'AIEA, l'Iran ait développé son programme d'enrichissement. Nous demandons instamment à l'Iran de réagir positivement aux propositions présentées en juin 2006 au nom de l'Allemagne, de la Chine, des États-Unis d'Amérique, de la France, du Royaume-Uni et de la Russie et nous réaffirmons notre attachement à une solution négociée. Nous appelons l'Iran à remplir les conditions nécessaires à la reprise des négociations. Si l'Iran continue de ne pas tenir compte de l'appel du Conseil de sécurité, nous soutiendrons les mesures supplémentaires qui conviennent, comme le prévoit la résolution 1747 du Conseil de sécurité. Nous appelons également l'Iran à jouer un rôle plus responsable et plus constructif au Moyen-Orient et nous condamnons les menaces proférées par le Gouvernement iranien à l'encontre d'Israël et la négation réitérée de l'Holocauste par les représentants du Gouvernement iranien.

Processus de paix au Moyen-Orient : Nous réaffirmons notre ferme attachement à une solution globale, juste et équitable au Moyen-Orient. Le Quartet qui joue à cet égard un rôle central au Moyen-Orient jouit de tout notre soutien. Nous espérons que la poursuite des discussions entre le Premier Ministre Ehoud Olmert et le Président Abbas poseront les bases de négociations en vue de la création d'un État palestinien, conformément à la Feuille de route et sur la base des résolutions 242, 338, 1397 et 1515 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Dans ce contexte, nous nous félicitons de la relance de l'initiative de paix arabe et de l'intention de la Ligue arabe d'associer Israël à cette initiative. Nous appelons à mettre fin immédiatement aux violences à l'encontre d'Israël, en particulier la poursuite du tir de roquettes Al Qassem dans le Sud d'Israël et à la libération immédiate des soldats israéliens enlevés, et nous demandons à toutes les factions palestiniennes de mettre fin aux violences internes et de respecter le cessez-le-feu. Nous appelons Israël à faire preuve de retenue en répondant à ces attaques et à se garder de pratiquer toute activité non conforme au droit international. Nous réitérons notre préoccupation face à la grave situation humanitaire dans les territoires palestiniens et nous demandons à Israël de reprendre le transfert des recettes fiscales et douanières palestiniennes retenues. Nous appelons également Israël à rel‰cher les membres du Gouvernement palestinien et les membres élus de l'assemblée palestinienne.

Liban : Nous avons examiné la situation au Liban et nous demeurons attachés à la souveraineté, à l'indépendance et à l'intégrité territoriale du Liban. Nous soutenons pleinement le Gouvernement légitime et démocratique du Liban. Prenant acte de la décision prise dans la résolution 1757 du Conseil de Sécurité des Nations Unies de créer rapidement un Tribunal spécial pour le Liban, nous demandons à tous les États de coopérer pleinement avec lui conformément à ladite résolution. Nous condamnons fermement les attentats terroristes qui ont provoqué la dernière éruption de violence. Nous demandons instamment à toutes les parties de respecter l'autorité du Gouvernement et des Forces armées du Liban, de manière à empêcher l'escalade de la situation à Nahr el Bared. Nous déplorons les souffrances humaines et les morts causées par la violence. Nous réitérons notre appel à toutes les forces politiques au Liban pour qu'elles trouvent une solution à la crise politique actuelle par le dialogue, dans le plein respect des institutions démocratiques du pays.

Iraq : Nous avons procédé à un échange de vues sur l'évolution de la situation en Irak et réaffirmé notre attachement à l'indépendance, à la souveraineté et à l'intégrité territoriales de l'Irak. Nous condamnons à nouveau dans les termes les plus énergiques tous les actes de terrorisme et les attentats d'inspiration politique ou communautariste. Nous nous félicitons du lancement du Pacte international pour l'Iraq et de la réunion des pays voisins les 3 et 4 mai 2007 à Charm-el-Cheikh, qui sont des étapes importantes sur la voie de la réconciliation nationale et un processus à long terme pour le rétablissement de la confiance dans la région.

Afghanistan : Nous nous sommes félicités des progrès accomplis par les Afghans ces dernières années, avec l'aide de la communauté internationale. Nous sommes vivement préoccupés par l'augmentation des attentats suicides, nous regrettons vivement les pertes subies par les forces de sécurité nationale afghanes et les membres de la FIAS et nous condamnons fermement les attentats commis contre des civils et les forces de sécurité afghanes et internationales. Nous avons exprimé notre soutien à l'ONU pour le rôle central qu'elle joue en Afghanistan et nous l'encourageons à continuer d'agir et de montrer l'exemple. Nous avons reconnu que des institutions afghanes fortes et fiables, en particulier des tribunaux, un système de police et pénitentiaire, sont essentielles pour l'avenir du pays et nous avons pris l'engagement de continuer à apporter notre soutien dans ces domaines. Nous nous félicitons du lancement de la Mission de police européenne EUPOL en Afghanistan, qui constitue une contribution importante au renforcement de la police nationale afghane, et de la décision du Canada d'apporter des ressources significatives à cette initiative. Nous préconisons une approche globale des difficultés qui restent à résoudre et nous avons réaffirmé notre volonté de poursuivre notre intervention en Afghanistan et de contribuer à l'instauration d'un pays sûr et prospère, libéré des stupéfiants et du terrorisme, sur la base du Pacte pour l'Afghanistan. Dans ce contexte, nous soulignons l'importance de l'état de droit et celle de la conférence qui se tiendra à Rome le 3 juillet, organisée par le Gouvernement italien et co-présidée par les Nations Unies et le Gouvernement afghan. Nous appelons les pays de la région à contribuer de manière constructive à cet effort. Dans ce contexte, nous nous félicitons de la réunion des Ministres des Affaires étrangères du G8 avec les Ministres des Affaires étrangères de l'Afghanistan et du Pakistan qui s'est tenue à Potsdam le 30 mai et nous approuvons leur déclaration commune sur l'Initiative du G8 pour l'Afghanistan et le Pakistan.

Haut-Karabakh : Nous sommes convenus que le règlement du différend entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sur le Haut-Karabakh est vital pour la paix et la stabilité régionales. Nous soutenons les efforts déployés par les co-présidents du Groupe de Minsk de l'OSCE et appelons les Présidents arménien et azerbaïdjanais à intensifier leurs efforts pour trouver un accord sur la base des principes fondamentaux proposés par les co-présidents du Groupe de Minsk. Dans ce contexte, nous nous félicitons de l'intention des deux Présidents de se rencontrer en marge de la réunion de la Communauté d'États indépendants qui se tiendra à Saint-Pétersbourg le 9 juin 2007, et nous les appelons à trouver rapidement un accord sur les principes fondamentaux qui ouvriront la voie à un règlement pacifique du conflit.

Corée du Nord : Nous demandons instamment à la Corée du Nord de recommencer à honorer toutes ses obligations aux termes du TNP et, conformément à la déclaration commune et aux résolutions 1695 et 1718 du Conseil de sécurité des Nations Unies, à renoncer à toutes ses armes nucléaires et à tous ses programmes nucléaires existants, ainsi qu'à tous ses programmes de missiles balistiques. Nous soutenons pleinement les pourparlers à six et la mise en oeuvre rapide des premières mesures adoptées le 13 février 2007, ce qui constituerait une première étape sur la voie de la mise en oeuvre totale et de bonne foi de la déclaration commune du 19 septembre 2005. Nous exhortons également la Corée du Nord à donner suite aux autres préoccupations sécuritaires et humanitaires de la communauté internationale, notamment en réglant rapidement la question des enlèvements.

Colombie : Nous avons discuté de l'évolution récente de la situation en Colombie ces derniers jours. Nous avons pris acte et nous nous sommes félicités de la décision audacieuse et courageuse du Président Uribe de Colombie de libérer un nombre important de prisonniers, parmi lesquels M. Rodrigo Granda, ce qui constitue une première mesure humanitaire positive. Dans ce contexte, nous appelons les FARC à envisager des mesures importantes qui contribueraient à une solution humanitaire conduisant à la libération des otages détenus par les FARC, ainsi qu'à celle des combattants de la guérilla qui n'ont pas encore été rel‰chés. Nous demandons instamment à toutes les parties concernées d'utiliser au mieux les médiations française, espagnole et suisse à cet égard. Nous avons formé l'espoir qu'une telle solution humanitaire pourrait ouvrir la voie à la reprise du processus de paix dans l'intérêt du peuple colombien tout entier.

G11 : Nous nous félicitons de la réunion de la présidence allemande du G8 avec la présidence jordanienne du G11 qui se tiendra au second semestre de 2007.

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IV. Sommet du G8 en 2008

Nous nous félicitons de l'offre faite par le Premier Ministre du Japon d'accueillir notre prochain sommet à Toyako, Hokkaïdo, en juillet 2008.

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Source: Présidence de la République française